Date : 1.10.2007
Auteur : ONU
Cas unique au sein des pays en développement, une majorité de pays africains subsahariens compte aujourd'hui une proportion d'enfants à l'école inférieure à celle de 1980.
Au Togo plus de 40% d'enfants ne sont pas scolarisés
D'après une étude préparée par le Professeur Christopher Colclough de l'Université de Sussex, dans le cadre de la réunion de l'ADEA à Dakar en octobre dernier, la majeure partie des pays africains subsahariens -- "cas unique au sein des pays en développement" -- compte aujourd'hui une proportion d'enfants à l'école inférieure à celle de 1980.
"Si vous n'avez pas des gens instruits, vous ne pouvez pas vous développer", constate M. Henri Lopes, Directeur général adjoint des relations extérieures à l'UNESCO. "L'enseignement primaire est nécessaire, ne serait-ce que pour faire des progrès dans des domaines comme la santé et la population".
Parmi les multiples problèmes nuisant à l'éducation en Afrique figure la mauvaise qualité des conditions de scolarité dans une grande partie de la région, avec des classes surpeuplées et un nombre moyen d'écoliers par instituteur plus élevé qu'ailleurs dans le monde, excepté l'Asie du Sud-Est. "Les instituteurs sont souvent non qualifiés, le matériel pédagogique rare et la fourniture des manuels scolaires désespérément insuffisante", constate le Professeur Colclough. Il en résulte que le succès de l'apprentissage est modéré. De surcroît, les possibilités pour les enfants du secteur rural et ceux d'un milieu urbain défavorisé sont inégales, et le fossé se creuse encore davantage entre les sexes, avec des taux d'alphabétisation chez les filles inférieurs à 30 % dans 19 pays subsahariens.
Dans un entretien avec Afrique Relance, M. Mamadou Ndoye, Ministre adjoint du Sénégal pour l'enseignement primaire et les langues nationales, a également fait mention des contraintes financières. "Dans la conjoncture actuelle de l'ajustement structurel, l'insuffisance des ressources matérielles et financières" a eu un impact très sévère sur l'amélioration de l'enseignement primaire. Il a ajouté que le coût du modèle éducatif que le Sénégal a hérité des Français "n'a pas été adapté à nos ressources". Et, compte tenu du taux de croissance de la population, les écoles n'ont ni été adaptées aux exigences en matière d'éducation, ni aux besoins des sociétés en développement, a-t-il ajouté.
Mais le problème de fond, selon M. Jean-Louis Sarbib, Vice-président pour l'Afrique à la Banque mondiale , c'est l'usage improductif des ressources existantes plutôt que l'insuffisance absolue de moyens financiers. Les partenaires extérieurs ne seront jamais en mesure de fournir plus de 10 ou 15 % du budget de l'éducation de ces pays, a-t-il précisé.
http://www.un.org/french/ecosocdev/geninfo/afrec/vol11no4/educfr.htm